Après l'exposition "L'invention du sauvage" qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive, le musée du Quai Branly à Paris a choisi un autre thème tout aussi "èpicé" pour sa nouvelle exhibition à contempler dès le 18 septembre prochain: les cheveux.
Les cheveux. Plus que jamais d'actualité ces derniers temps. On a jamais autant débattu sur leur nature, leur lien avec l'esclavage, leur importance identitaire etc..Cette exposition tombe donc à pic pour venir ajouter son grain de sel dans une sauce déjà très salée. Si vous êtes à Paris, faites-y un tour!
Description officielle:
Au croisement de l’anthropologie, de l’histoire de
l’art ancien et contemporain, de la mode et des mœurs, l’exposition met
en œuvre les problématiques de l’intime individuel et sa sociabilité sur
le thème universel des cheveux.
Abordant l’idée que chacun donne de sa personnalité par la coiffure,
elle se présente tout d’abord sous l’angle de la frivolité, des
compétitions entre blonds/blondes, rousses et bruns, lisses et crépus
dans un large éventail de peintures classiques, de sculptures et de
photographies d’auteurs. Comparant les coquetteries en Papouasie
Nouvelle-Guinée, celles des belles citadines africaines ou des artistes
de la haute coiffure, l’exposition avance vers l’idée du matériau humain
à modeler, à sculpter, support à la fois de savoir-faire, de la
relativité de la beauté mais aussi objet de perte, symbole du temps qui
passe, de la maladie et de la mort.
Supports de mémoire, reliques, talismans, les cheveux conservent
pour beaucoup l’aura et l’énergie de leur propriétaire. Une large partie
de l’exposition est consacrée à ces mana qui ont donné naissance, dans
le monde, à de multiples objets dits « magiques » ou dotés de pouvoirs
que l’on s’approprie.
La question du reste et du trophée est ainsi posée et plus largement
du statut de certains « objets » campés aux frontières de l’horripilant
et de l'insoutenable, interrogeant nos catégories à partir d’une
expérience universelle.