De nombreux documentaires sur le génocide au Rwanda ont été réalisés, mais aucun ne m'a paru aussi humain, aussi proche des principales victimes de cette tragédie, notamment les femmes. Et même si le Rwanda se remet peu à peu sur le plan économique et que le gouvernement prône la politique de la réconciliation, des documentaires comme ceux-ci montrent que, quelque part, la blessure est encore vive, très vive.
Intended consequences parle des femmes Tutsi et des enfants qui sont nés de leurs unions forcées et brutales avec les miciliens Hutu. L'auteur Jonathan Torgovnik, un photographe né en Israel et basé à New-York a interviewé en tout 30 femmes vivant avec leurs enfants, souvenirs vivants de leur martyre. Devant les caméras, elles ont parlé de leurs grossesses, de leurs pensées d'infanticide et de suicide mais ce qui touche le plus, c'est qu'elles parlent également d'espoir pour ces enfants qui n'ont pas demandé à naître et qui vivent avec les stigmates de l'atrocité qui a accompagné leur procréation. Des victimes auxquelles personne ne pense.

En regardant le documentaire, on se pose intérieurement la question de savoir si l'enfant doit être jugé pour les fautes du père, mais quand on est une femme on imagine ce que ca peut faire de regarder dans les yeux d' un enfant et de se souvenir, de tout. Une femme avoue ne pas aimer son enfant, elle l'a cependant gardé, elle attend avec lui une mort certaine, car ils sont tous les deux séropositifs et trop pauvres pour se procurer le traitement nécessaire.
Ce qui m'a ému dans ce documentaire, c'est de voir ce mélange de complicité et de distance entre mère et fils/fille. Les regards qui en disent long et les sourires timides, comme si ils voulaient s'apprivoiser l'un l'autre. Une tendresse gauche qui trahit le besoin et en même temps le rejet de l' autre. Un peu comme deux ennemis qui se retrouvent enfermés dans une grotte dans laquelle ils ne peuvent compter que l'un sur l' autre, une cohabitation forcée qui a laissé place à de l'affection, pour certains.
Pour soutenir ces familles constituées pour la plupart de la mère malade et de l'enfant sans ressources, Jonathan Torgvonik a créé l'association Foundation Rwanda. Les fonds recueillis permettent d'envoyer ces enfants souvent rejetés par leur communauté à l'école et de financer leur traitement antirétroviral. Je vous invite à regarder ce documentaire poignant. Vous ne le regretterez pas.
In Rwanda, in 1994, Hutu militia committed a bloody genocide, murdering one million Tutsis. Many of the Tutsi women were spared, only to be held captive and repeatedly raped. Many became pregnant.
Intended Consequences tells their stories. See the project at
http://mediastorm.com/publication/intended-consequences