Pour la
rubrique "Karimalo meets..." nous vous présenterons des talents
indédits. Ce sont des jeunes stylistes, écrivains, musiciens qui vous
feront découvrir leur passion. Ce qu'ils ont en commun? l'Afrique!
J'espère que vous prendrez plaisir à les découvrir! Vous souhaitez vous
faire connaître à travers cette rubrique? Contactez-nous à karimalo@rocketmail.com!
Pour cette troisième édition, nous sommes allés à la rencontre de Yehni Djidji, écrivain et bloggeuse vivant en Côte-d'Ivoire.Nous avons parlé littérature, politique en Côte d'Ivoire et ..blog!
Bonjour, Yehni. Ton blog s’appelle tout
simplement le blog de Yehni. Si tu devais présenter Yehni, que dirais-tu ?
Yehni Djidji est une jeune ivoirienne
passionnée de littérature, amoureuse du cinéma, diplômée en communication,
marketing et management et qui s’essaie au journalisme via son blog. Je suis
aussi écrivain, scénariste et comme j’aime le dire, ce n’est que la partie
visible de l’iceberg.
Comment présenterais-tu le blog de Yehni
à quelqu’un qui ne l’a jamais visité ?
C’est un cocktail d’actualité, de
politique, de showbiz et de littérature. C’est vraiment « mon regard sur
le monde et une lucarne sur mon monde ».
Ton blog est essentiellement dédié à
l’écriture et on a pas besoin de poser la question de savoir si c’est ta
passion. Dans une Afrique qui ne lit
plus beaucoup, quelle est la motivation d’un écrivain ?
J’essaie
quand même d’enrichir mon blog avec des photos et des vidéos de temps en temps.
Lol. L’Afrique ne lit plus beaucoup. Je dis « oui » et
« non ».
Oui
parce que beaucoup d’africains ont des problèmes plus urgents que la
littérature. Nombreux sont ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, qui
sont dans des pays victimes de guerres et de famines. Les conditions ne sont
pas forcément réunies pour un épanouissement littéraire.
Non,
parce que ceux qui ne rentrent pas dans ce canevas aiment emprunter les livres
des autres. Il y a donc une réelle volonté, mais soit pas suffisamment de
moyen, soit un manque de sensibilisation. Une personne=un livre. C’est ce qui
nourrit l’écrivain. Aujourd’hui rare sont les écrivains à temps plein. C’est
dommage !
Pour
revenir à la question, chaque écrivain je pense est le plus à même de dire ses
motivations. Cependant, je crois que la passion est celle que nous partageons
tous. Après on peut mentionner le désir de laisser un héritage, de changer les
choses, de témoigner, etc.
Tu as publié un livre, « 50
ans d’indépendance de la République de Côte d’Ivoire en dix nouvelles ». Parles-nous
de lui, comment a-t-il été accueilli par le public ?
Le livre
« 50 ans d’indépendance de la République de Côte d’Ivoire en dix
nouvelles » est en réalité un recueil réunissant les dix meilleures
nouvelles d’un concours littéraire organisé en 2010 par Fraternité-Matin. J’y
ai occupé la septième place. Je suis donc co-auteure.
Je dirais
que le livre a été bien accueilli parce que tous ceux qui l’ont lu et que j’ai
eu la chance de rencontrer en on dit du bien. J’ai reçu les mêmes échos aussi
de mes co-auteurs.
Dans ton blog tu ne présentes pas
seulement tes propres nouvelles mais aussi d’autres écrivains ivoiriens.
Peut-on dire qu’à partir de là tu as pu créer un certain réseau ?
J’ai permis aux autres écrivains de
publier leurs textes, à l’occasion du mois littéraire que j’ai instauré en
juillet dernier. J’ai aussi fait plusieurs interviews très enrichissantes
d’écrivains, de correcteurs, de directeurs de publication, etc, pour essayer de
comprendre le processus éditorial en Côte d’Ivoire et explorer d’autres voies
de publication notamment l’e-book et la vente en ligne.
Je n’ai pas encore pu créer la vision
que j’ai du réseau. Mais j’ai en tout cas pu établir des contacts et tisser des
amitiés via cette initiative. Je suis impatiente de faire un prochain mois littéraire. J’essaierai cette fois
d’être plus en phase avec les temps forts de la littérature comme : la
journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 Avril, la journée mondiale
de la poésie le 21 Mars,…
Dans un de tes articles, tu abordes le
sujet de l’Afrique et de la lecture. Quelles sont selon toi quels efforts
devraient être fait pour amener les jeunes à s’intéresser à la littérature
africaine ? Est-ce un déficit lié à l’éducation familiale ou est-ce lié à
autre chose ?
Comme je
l’ai dit auparavant, pour inculquer l’amour de la lecture aux jeunes il faut
d’abord que l’environnement socio-politique s’y prête. Ensuite, il s’agira d’un
effort conjoint entre les parents et le gouvernement. C’est dans l’esprit de
l’enfant, encore fragile et modelable à souhait qu’on doit injecter très tôt le
virus de la lecture. Cela passe d’abord par les cadeaux : privilégier les
livres, aux jouets à défaut de ne pas avoir assez d’argent pour offrir les
deux. Il faut lire avec l’enfant, l’inciter à faires des résumés, des comptes
rendus de ses lectures. L’inscrire à des bibliothèques, l’encourager même à
constituer sa propre bibliothèque avec les livres que vous lui offrez. Lui
montrer comment en prendre soin. Il faut lui donner une culture littéraire.
Les
gouvernements eux doivent réhabiliter les bibliothèques municipales, régionales
et/ou nationales et s’assurer que les établissements scolaires ont des
bibliothèques bien fournies et y implanter des clubs littéraires. Ils doivent
encourager et soutenir la création de concours littéraire et rechercher
activement des partenariats pouvant déboucher sur des dons d’œuvres couleur
obtention à des prix réduits.
Il faut
aussi, je pense, réhabiliter les salles de cinéma, car je pense que littérature
et cinéma sont liés. Réadapter les grands classiques de la littérature
africaine au cinéma pourrait stimuler l’intérêt de cette jeunesse accusée de ne
pas lire pour les autres œuvres de l’auteur ou des œuvres similaires. Mais je
parle ici de bonnes adaptations cinématographiques.
Enfin,
les éditeurs et les auteurs doivent se rapprocher du public. Il faut vulgariser
la vente du livre. Il ne doit pas être disponible uniquement en librairie, mais
dans les supermarchés, les écoles, les boutiques de quartier, les salons de
coiffures, même les pharmarcies, car la bonne lecture soigne l’âme!
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